Un peu de tout, un peu de moi... En ce moment cuisine légère ou pas!
J'ai été touchée par ce texte, avec son autorisation je le partage
...
Maintenant que tu es parti, je te vois partout, je constate avec une amertume puérile que
finalement je te partageais déjà avec des millions d’autres. Je le constate en voyant dans le bus cette femme d’une cinquantaine d’années qui se passionne pour un numéro de Paris-Match qui t’es
tout entier dédié, en entendant tout ceux qui comme moi se sentait de connivence avec toi dire du bien à la télé.
On entend tes gros cartons, les chansons populaires ... Et c’est qui d’ailleurs, cette Gaby?
J’ai pu apprendre de moi en t’écoutant des heures entières, en boucle, en pointillé, mélancolique, mutine, désabusée… Aucun de tes mots n’est tombé dans le vide.
Allongée sur mon lit à regarder filer les heures et les volutes de fumée avec ta voix qui me cajole et me berce… Enveloppée dans ma mélancolie angora, lovée dans un fauteuil, les yeux ouverts sur
mes rêveries, montée sur un cheval au galop qui traverse une à une toutes les frontières qui séparent mon cerveau de ta voix, je ne pouvais pas penser que d’autres, ailleurs, montés sur leurs
grands chevaux, se faisaient à leur tour le même cinéma .
C'est pas rien, tu sais, de t'avoir invité dans mon lit...
Je ne m’étais jamais attardée sur ce talent qu’il faut pour s’effacer, ne pas parler de soi, laisser les autres prendre la place qui leur est réservée au cœur de ta poésie. Tourner la caméra dans
l’autre sens pour me laisser être l’héroïne.
Me laisser me mentir… Prendre des trains à travers la plaine…
La radio hier te rendait hommage, j’ai entendu cette chanson, j’allais dire « notre » chanson. Et je me suis sentie mal à l’aise, comme si on publiait mon journal intime dans le bien public comme
si on pouvait voir à travers moi … Mes secrets tatoués sur mon corps, lisibles, visibles.
Cela m’est arrivé une première fois, ce deuil à partager avec d’autres, avoir à accepter que l’on te pleure en troupeau, en cortège. Lire et entendre des conneries.
Me dire que personne n’y comprend rien en sachant que j’ai tort. Que tout le monde comprend, que je suis à la masse… Etre agacée de la tristesse ostentatoire des uns et des autres alors que je
suis moi même en mode exhib'
Cela m’est arrivé, c’était une longue dame brune. Notre intimité là aussi bafouée… Et puis, retrouvée.
J’ai hâte que tout cela soit fini…
J’ai hâte de te retrouver, en attendant, tu vas me manquer.